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Liste d'envies et de limites : parler de consentement avant, pendant et après

Une feuille à imprimer pour mettre des mots sur ce qu'on aime, ce qu'on ne veut pas, et ce dont on n'a jamais parlé. 79 pratiques en 6 catégories, de la tendresse aux jeux de pouvoir, en passant par la protection. Chacun·e la remplit de son côté, puis on compare.

Ce que dit la loi sur le consentement

Depuis le 8 novembre 2025, le Code pénal définit le consentement sexuel. L'article 222-22, modifié par la loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025, dit ceci :

« Au sens de la présente section, le consentement est libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il est apprécié au regard des circonstances. Il ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime. »

« Il n'y a pas de consentement si l'acte à caractère sexuel est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise, quelle que soit leur nature. »

Concrètement : spécifique veut dire qu'un oui à une pratique ne vaut pas pour une autre. Préalable, qu'il se donne avant l'acte, pas après coup. Révocable, qu'on peut le retirer à tout moment, y compris en cours de route. Et le silence ne vaut pas accord.

Pourquoi une liste plutôt qu'un contrat

Un contrat fige un engagement. Le consentement fait l'inverse : il se donne au présent et peut se reprendre. Signer à l'avance pour un acte sexuel n'aurait donc aucun sens, et pourrait même servir à mettre la pression. C'est pour ça que la feuille ne comporte ni signature ni paraphe, seulement un prénom, une date et la mention « à revoir quand on veut ».

Une liste sert à autre chose : parler. Beaucoup de couples n'abordent jamais certains sujets, par gêne ou parce qu'ils supposent que « ça va de soi ». Cocher seul·e, puis comparer, permet de découvrir des envies communes, de repérer une limite qu'on aurait franchie sans le savoir, et d'aborder la protection ou la contraception sans que ça tombe au mauvais moment.

Mode d'emploi en 4 étapes

  1. Chacun·e remplit sa liste seul·eImprimez deux exemplaires. Chacun coche de son côté, au calme, sans regarder la feuille de l'autre et sans être pressé.
  2. On compare à un moment neutreHabillés, hors du lit, sans alcool, sans urgence. Pas juste avant un rapport : c'est une conversation, pas un préliminaire.
  3. On ne garde que les « oui » des deux côtésUn « non » ne se négocie pas et ne se justifie pas. Un « peut-être » ou un « à discuter » vaut « non » tant qu'on n'en a pas parlé.
  4. Le moment venu, on demande quand mêmeLa liste ouvre la discussion, elle ne la remplace pas. On la revoit quand on veut : les envies changent, c'est normal.

Ce qu'il y a dans la liste

Pour chaque pratique, quatre cases : Oui, Non, Peut-être, À discuter, et une colonne « Mes limites / précisions ». Chaque catégorie se termine par une ligne « Autre » à compléter. Les mots sont neutres, rien n'est illustré.

  • Tendresse et contact11 lignes

    Les gestes qui ne sont pas forcément sexuels, mais qui se discutent aussi.

  • Sexualité courante15 lignes

    Ce qui paraît « évident » ne l’est pas pour tout le monde : on coche quand même.

  • Pratiques moins courantes14 lignes

    Rien n’est obligatoire, rien n’est « bizarre » : on dit juste où on en est.

  • BDSM et jeux de pouvoir16 lignes

    Ces jeux se préparent avant : rôles, limites, mot d’arrêt. On n’improvise pas.

  • Contraception, protection et santé11 lignes

    Ce qui protège les deux. À cocher aussi, et à revoir quand la situation change.

  • Communication et après12 lignes

    Comment on se parle avant, pendant et après.

Première page : prénom, date, votre mot ou geste d'arrêt et le mode d'emploi. Dernière page : « Ce que je veux qu'on respecte toujours », « Après : ce dont j'ai besoin » et la date à laquelle on revoit la liste.

Télécharger la liste

À imprimer en deux exemplaires, en noir et blanc.

Télécharger la liste (PDF) PDF, 98 Ko, 8 pages A4

Rien n'est enregistré : on remplit sur papier, aucune réponse n'est saisie sur ce site.

Si ça ne se passe pas bien : les numéros utiles

  • 17 Police secours En cas d'urgence ou de danger immédiat. Gratuit, 24 h/24.
  • 114 Urgence par SMS Pour alerter par écrit si vous ne pouvez pas parler (danger, handicap). Gratuit, 24 h/24.
  • 3919 Violences Femmes Info Écoute, information et orientation des femmes victimes de violences et de leur entourage. Gratuit, anonyme, 24 h/24 et 7 j/7. Ce n'est pas un numéro d'urgence.
  • 116 006 Aide aux victimes Pour toutes les victimes d'infractions, quel que soit leur genre : écoute et orientation vers une association d'aide. Gratuit, tous les jours de 9 h à 20 h.

Sources, vérifiées le 26 septembre 2026 : arretonslesviolences.gouv.fr et service-public.fr.

Questions fréquentes

Cette liste a-t-elle une valeur juridique ?

Non. Elle n'a aucune valeur de contrat ni de preuve. Le Code pénal définit le consentement comme « libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable » (article 222-22) : il se donne pour chaque acte, au moment présent, et peut être retiré à tout moment. Une case cochée à l'avance ne remplace jamais ce consentement-là.

Pourquoi n'y a-t-il pas de signature ?

Parce qu'une signature donnerait l'illusion d'un engagement. Or on ne s'engage pas à l'avance à un acte sexuel : on peut changer d'avis, même après avoir coché « oui ». La feuille porte seulement un prénom, une date et la mention « à revoir quand on veut ».

Comment l'utiliser à deux ?

Chacun remplit son exemplaire seul, puis vous comparez à un moment calme, hors du lit. Vous ne gardez que ce qui est « oui » des deux côtés. Les « peut-être » et « à discuter » restent des « non » tant que vous n'en avez pas parlé. Le moment venu, on demande quand même.

Que faire si l'autre insiste ou dit « tu avais coché oui » ?

Rien ne vous oblige. Personne ne peut exiger qu'on remplisse cette liste, ni s'en servir pour faire pression. Un « oui » sur papier n'autorise rien. Si l'insistance devient de la pression, des menaces ou de la violence, vous pouvez appeler le 3919 (Violences Femmes Info, pour les femmes victimes et leur entourage), le 116 006 (aide aux victimes, pour tout le monde) ou, en urgence, le 17.

Pourquoi prévoir un mot ou un geste d'arrêt ?

Parce qu'on ne peut pas toujours parler facilement pendant un rapport, surtout dans les jeux de pouvoir. Un mot ou un geste choisi à l'avance permet d'arrêter sans ambiguïté. Il est respecté immédiatement, sans discussion.

Mes réponses sont-elles enregistrées quelque part ?

Non. Rien n'est saisi ni enregistré en ligne : on télécharge le PDF, on l'imprime et on le remplit sur papier. La feuille reste chez vous.

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