Et si la "justice de classe" n'était pas raciale ou sociale
mais d'abord une question de sexe ?
L'analyse complète sur humbolo time
humbolo-time.comL’étude de référence : Starr, University of Michigan
L’étude de Sonja Starr (University of Michigan Law School), portant sur les affaires pénales fédérales américaines, est la plus rigoureuse sur ce sujet. Elle établit qu’à délit identique, antécédents identiques et circonstances identiques, les hommes reçoivent en moyenne 63% de peines d’emprisonnement plus longues que les femmes. Les femmes arrêtées ont également significativement plus de chances d’éviter toute inculpation ou condamnation, et deux fois plus de chances d’éviter l’incarcération si elles sont condamnées.
C’est la plus grande disparité documentée du système judiciaire américain. Starr, University of Michigan
Les données françaises : +33 jours de prison ferme
En France, une étude de 2020 — dans un contexte où les bavures policières sont de plus en plus documentées — montre que les femmes reçoivent des peines d’emprisonnement ferme 33% plus courtes que les hommes, même en contrôlant toutes les caractéristiques observables y compris une description très précise du crime. En 2017, 19,9% des hommes condamnés ont été incarcérés, contre seulement 8,5% des femmes condamnées.
Lorsque des couples homme-femme sont jugés ensemble pour le même délit, l’écart se creuse encore : les hommes reçoivent 38,7 jours de prison ferme supplémentaires et 10,7 jours de sursis en moins. D’un point de vue procédural, les hommes sont 20% moins susceptibles d’obtenir une relaxe.
Ce biais est parfois justifié par la “thèse de la chevalerie” l’idée que les juges perçoivent les femmes comme moins dangereuses et plus réhabilitables. Mais les chercheurs soulignent que cette disparité est incompatible avec le principe d’égalité devant la loi.
La U.S. Sentencing Commission confirme
Le rapport 2023 de la U.S. Sentencing Commission confirme que la probabilité de recevoir une peine de probation (plutôt que de la prison) varie substantiellement selon le genre. Les femmes blanches sont les plus susceptibles d’obtenir la probation ; les hommes noirs les moins susceptibles créant une intersection race/genre particulièrement documentée.
Sources :
[1] Starr, S. (2012) Estimating Gender Disparities in Federal Criminal Cases. University of Michigan Law School.
[2] Wikipedia Sentencing Disparity. Données françaises 2020.
[3] U.S. Sentencing Commission Demographic Differences in Sentencing 2023.
[4] NCFM Sentencing Disparities by Gender 2024.