HUMBOLO TIME
IFOP OBSERVATOIRE SEXUALITÉ 2023 · ACSF INSERM/ANRS · EINON 1994 · ALEXANDER & FISHER 2003 · TOURANGEAU & SMITH 1996
COUPLE & SÉDUCTION · 2026

Et si hommes 11,7 vs femmes 5,4
était mathématiquement impossible ?

0 vs 5,4
médianes déclarées H/F en France — IFOP 2023 (N=3 010)
Norme acceptable chez F par H
6,3 partenaires
Norme acceptable chez H par F
12,1 partenaires
Atténuation chez les 18-30 ans
−40 % vs 50-65 ans

L'analyse complète sur humbolo time

humbolo-time.com
6 MIN · IFOP · ACSF · INSERM · EINON · ALEXANDER

Les chiffres bruts

L’enquête ACSF (Analyse des Comportements Sexuels en France), dont les chiffres détaillés par démographie sont analysés ici, et ses réplications IFOP constituent la source la plus rigoureuse sur ce sujet. Voici ce que les données déclaratives indiquent pour la France :

11,7
Nombre médian de partenaires au cours d’une vie — hommes
5,4
Nombre médian de partenaires au cours d’une vie — femmes
4,2
Nombre médian chez les 18-25 ans (déclaratif, toutes identités)
62%
Des Français estiment que le “body count” ne devrait pas influencer une relation
📊 IFOP Observatoire de la sexualité 2023 · ACSF 2006 · réplication INED

Le problème mathématique fondamental

Il existe une impossibilité mathématique dans les données déclaratives mondiales : les hommes hétérosexuels déclarent systématiquement plus de partenaires que les femmes hétérosexuelles. Or, dans une population fermée, ces deux moyennes devraient être identiques.

?
Hommes déclarent ~11,7 partenaires · Femmes déclarent ~5,4 partenaires.
Mathématiquement impossible dans une population hétérosexuelle fermée. L’un des deux groupes (ou les deux) ment ou compte différemment.

Cette asymétrie a été documentée dans tous les pays étudiés depuis les années 70. Les explications sont multiples :

📚 Einon, D. (1994) Alexander, M. et al. (2005) Tourangeau & Smith (1996)

La norme sociale : ce que les gens pensent vraiment

Au-delà des chiffres bruts, l’IFOP a mesuré les normes perçues — c’est-à-dire ce que les Français pensent être un body count “acceptable” chez un partenaire potentiel. Les résultats révèlent un double standard toujours bien vivant :

6,3
Nombre “acceptable” de partenaires passés chez une femme, selon les hommes interrogés
12,1
Nombre “acceptable” chez un homme, selon les femmes interrogées
38%
Des hommes disent qu’un body count élevé chez une partenaire les “dissuaderait”
18%
Des femmes disent la même chose pour un partenaire masculin
📊 IFOP Sondage “Body Count et Vie Amoureuse” 2023. N = 2 112 adultes.

Le double standard sur le body count n’est pas une opinion — c’est un fait sociologique documenté. Il est plus fort chez les hommes les moins diplômés et s’atténue fortement après 35 ans.

Ce que ça révèle sur nos normes

La discussion autour du “body count” est révélatrice d’une tension plus profonde : la sexualité féminine est encore partiellement évaluée à travers un prisme de rareté (moins de partenaires = plus de valeur), alors que la sexualité masculine est évaluée à travers un prisme de performance (plus = plus de valeur). Ces deux logiques sont en collision directe dans le dating moderne.

Les données montrent que cette norme s’érode progressivement : chez les 18-30 ans, l’écart entre ce que les hommes et les femmes jugent “acceptable” est de 40% inférieur à ce qu’il était chez les 50-65 ans dans la même enquête.

Sources :

[1] IFOP — Observatoire de la sexualité des Français 2023. N = 3 010, représentatif 18-70 ans.

[2] Enquête ACSF — Analyse des Comportements Sexuels en France (Inserm / ANRS), réplication 2006.

[3] Einon, D. (1994) — Are men more promiscuous than women? Ethology and Sociobiology.

[4] Alexander, M.G. & Fisher, T.D. (2003) Truth and consequences: Using the bogus pipeline to examine sex differences in self-reported sexuality. Journal of Sex Research.