Et si la monogamie n'était naturelle
que pour 3 % des mammifères ?
L'analyse complète sur humbolo time
humbolo-time.comLes mammifères : 3–5% de monogames
Seulement 3–5% des espèces de mammifères pratiquent la monogamie sociale. L’être humain est censé en faire partie. Mais la biologie comparée apporte une nuance importante : le dimorphisme sexuel humain — la différence de taille entre hommes et femmes — est de 15–20%. Les espèces strictement monogames ont un dimorphisme quasi nul. Les espèces hautement polygames affichent des écarts de 50% ou plus. Par ce critère évolutif, Homo sapiens se situe entre les deux.
La monogamie stricte légale est une invention récente et géographiquement minoritaire.
L’anthropologie : 80% des cultures autorisent la polygamie
Une analyse de 230 cultures humaines dans la base D-PLACE montre que la polygamie majoritairement polygynie est présente dans plus de 80% des sociétés humaines documentées. La monogamie stricte imposée par la loi est une invention relativement récente et géographiquement minoritaire à l’échelle de l’humanité.
Nuance importante : dans les sociétés polygames, la majorité des hommes reste de facto monogame — seuls les individus à haut statut accumulent plusieurs partenaires. La polygamie légale ne signifie pas que tout le monde la pratique.
La neurobiologie : des systèmes contradictoires
Les humains produisent de l’ocytocine et de la vasopressine — les hormones du lien durable chez les espèces monogames. Ces systèmes existent. Mais ils coexistent avec des circuits de dopamine actifs face à la nouveauté sexuelle — le phénomène dit “effet Coolidge”, documenté chez de nombreuses espèces, humains inclus.
La monogamie est une institution culturelle imposée à une espèce dont la biologie est ambivalente. Elle offre des bénéfices réels et documentés : stabilité, investissement parental, coopération sociale. Mais prétendre qu’elle est “naturelle” au sens biologique strict est inexact.
Sources :
[1] Kleiman (1977) Monogamie chez les mammifères. Bioscience.
[2] Standard Cross-Cultural Sample D-PLACE Database, analyse des cultures.
[3] Young & Wang (2004) Neurobiologie de la monogamie. Nature Neuroscience.
[4] CRDOC enquêtes comportements conjugaux, France.