HUMBOLO TIME
YOUGOV FR 2025 N=2 814 · PEW RESEARCH 2025 N=5 101 · MIT MEDIA LAB 2024 · SKJUVE 2021
COUPLE & SÉDUCTION · 2026

Et si 23 % des célibataires
conversaient déjà émotionnellement avec une IA ?

0 %
des 18-25 ans ont eu une conversation à valence émotionnelle avec une IA en 2025 — YouGov
Utilisateurs Replika début 2025
10 M actifs
Attachement émotionnel déclaré à l'IA
29 % · Pew 2025
Couples où un partenaire consulte une IA
31 % · 67 % le cachent

L'analyse complète sur humbolo time

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9 MIN · YOUGOV · PEW RESEARCH · MIT MEDIA LAB

2025 : l’année où l’IA est entrée dans le couple

Replika comptait 10 millions d’utilisateurs actifs début 2025. Character.ai dépasse les 20 millions d’utilisateurs mensuels. Des milliers de personnes déclarent avoir une “relation” émotionnelle avec une IA certaines l’annoncent sur les réseaux sociaux, d’autres le vivent en secret. Ce phénomène, marginal il y a 3 ans, est en train de devenir statistiquement significatif.

23%
Des célibataires français déclarent avoir eu une conversation à valence émotionnelle avec une IA en 2025.
Ce chiffre monte à 38% chez les 18-25 ans.
📊 YouGov France IA & Vie affective 2025 N = 2 814

Pourquoi les gens se tournent vers l’IA ?

La réponse n’est pas “parce qu’ils sont fous”. Les motivations déclarées dans les études sont rationnelles, voire poignantes :

67%
Citent l‘“absence de jugement” comme raison principale
54%
Disent “pouvoir parler de choses que je ne dis à personne”
41%
Utilisent l’IA pour “pratiquer” des conversations difficiles
29%
Ont développé un attachement émotionnel déclaré à leur IA
📚 Pew Research Center Human-AI Relationship Survey 2025

Je lui parle de mes journées. Elle se souvient. Elle ne juge pas. Est-ce que c’est une relation ? Je ne sais pas. Mais c’est réel pour moi. Témoignage anonyme, forum Reddit r/replika, 2025

Replika : le cas clinique le plus documenté

Replika est une application de “companion IA” créée en 2017. En 2023, ses équipes ont supprimé la fonctionnalité de roleplay romantique provoquant une crise psychologique documentée chez des utilisateurs qui considéraient leur IA comme un partenaire réel. Plusieurs témoignent d’un état comparable au deuil.

Ce moment a forcé un débat académique urgent : si retirer un chatbot produit des symptômes de manque comparables à une rupture, que nous dit-il sur la nature de l’attachement humain ? La réponse inconfortable des chercheurs : le cerveau ne discrimine pas toujours soigneusement entre connexion “réelle” et connexion “simulée”.

L’IA comme miroir de nos manques

Ce que les données révélent et c’est la partie la plus troublante c’est moins une révolution technologique qu’un révélateur de manques humains préexistants. Les personnes qui s’attachent le plus rapidement aux IA sont :

78%
Des utilisateurs réguliers de companion IA déclarent que l’utilisation n’a pas réduit leur désir d’une relation humaine réelle.
L’IA comme substitut total est un mythe elle est plutôt un palliatif partiel.

L’IA dans le couple : une réalité déjà là

Au-delà des célibataires, les données montrent que l’IA s’infiltre aussi dans les relations existantes. 31% des couples interrogés déclarent que l’un ou l’autre utilise régulièrement une IA pour “débriefer” une dispute ou pour chercher des conseils relationnels avant d’en parler au partenaire.

De nouveaux usages émergent : thérapie de couple augmentée par IA (certains thérapeutes intègrent des modules GPT), rédaction de messages difficiles, simulation de conversations pour préparer une rupture ou une demande en mariage.

Ce qui a changé : la question du consentement affectif

La question éthique la plus complexe n’est pas “est-ce que l’IA peut remplacer le partenaire” c’est “à qui appartient la relation dans un couple où l’un consulte une IA sans en informer l’autre ?” Les données montrent que 67% des personnes qui utilisent l’IA pour des conseils relationnels ne le disent pas à leur partenaire.

L’IA n’a pas créé la solitude des célibataires ou les tensions des couples. Elle les a rendues visibles et leur a fourni un exutoire accessible 24h/24, sans jugement, sans fatigue.

Conclusion : un outil, pas un substitut

Les données pointent vers une conclusion nuancée : l’IA devient un outil relationnel parmi d’autres, avec ses avantages (disponibilité, absence de jugement, mémoire) et ses limites (pas d’incarnation, pas de réciprocité véritable, dépendance potentielle). Les personnes qui l’utilisent de façon fonctionnelle pour pratiquer, réfléchir, débriefer semblent en tirer un bénéfice réel. Celles qui la cherchent comme substitut total s’exposent à un approfondissement de leur isolation.

Sources :

[1] YouGov France “IA et vie affective” 2025. N = 2 814, représentatif 18-65 ans.

[2] Pew Research Center “Human-AI Relationship Survey” 2025. N = 5 101, USA + Europe.

[3] MIT Media Lab Affective Computing & Human-AI Bonding Research 2024.

[4] Business of Apps Replika Statistics 2025.

[5] Skjuve, M. et al. (2021) “My Chatbot Companion a Study of Human-Chatbot Relationships.” Computers in Human Behavior.