HUMBOLO TIME
IFOP-SOCIOVISION 2022 · INSEE RP 2017-2023 · INED ÉPIC 2013-2014 · IPSOS 2022
COUPLE & SÉDUCTION · 2026

Et si 35 % des foyers français
n'avaient plus rien d'une anomalie ?

0 %
des foyers français sont des foyers d'une seule personne en 2022 — IFOP-Sociovision (22 % en 1975)
Foyers d'une personne, projection 2030
43 % · IFOP-Sociovision
Célibataires disant "aimer" l'être
28 % · Ipsos 2022
Célibataires se sentant "hors norme"
44 % · Ipsos 2022

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8 MIN · INSEE · INED ÉPIC · IFOP · IPSOS

La montée silencieuse du Célibat tardif

En un demi-siècle, la France a connu une transformation profonde de ses structures ménagères. En 1975, 22% des foyers étaient composés d’une seule personne. En 2022, ce chiffre atteint 35%. Sociovision, filiale du groupe IFOP, projette 43% en 2030.

35%
Des foyers français sont des foyers d’une seule personne en 2022, contre 22% en 1975.
Projection 2030 : 43%. Le Célibat tardif n’est plus une exception, c’est une tendance de fond. IFOP-Sociovision 2022

Les causes structurelles

Cette montée n’est pas le résultat d’un effondrement moral ou social. Elle reflète plusieurs transformations parallèles et documentées :

18,2%
Des 25-39 ans vivent seuls en 2023, contre 15,7% en 2017 — la hausse touche déjà la génération concernée (INSEE)
15,9%
Des 40-54 ans vivent seuls en 2023, contre 14,8% en 2017 — la hausse touche aussi les générations plus âgées (INSEE)
29,1 ans
Âge moyen à la première maternité en 2023, contre 28,2 ans en 2013 — la fenêtre de rencontre s’allonge et se déplace (INSEE)
46%
Des femmes célibataires déclarent que ne pas être en couple est un choix, contre 34% des hommes (INED, enquête Épic)
📊 IFOP-Sociovision 2022 · INSEE RP 2017-2023 · INED Épic 2013-2014

Ce que les données disent du bonheur des célibataires

La question la plus pertinente n’est pas “pourquoi es-tu seule” mais “es-tu heureuxse” — et sur ce point, aucune grande enquête publique récente ne publie de comparaison chiffrée simple entre célibataires et couples. Ce que l’enquête Épic de l’Ined (2013-2014) documente, en revanche, c’est que le vécu du célibat dépend moins du statut lui-même que de son caractère choisi ou subi.

Dans cette enquête, les célibataires qui déclarent que ne pas être en couple est “un choix” sont plus souvent des femmes (46%) que des hommes (34%). Une part supplémentaire (25% des femmes, 28% des hommes) dit que “sans être vraiment un choix, leur situation leur convient”. Ce sont les célibataires qui subissent leur situation, pas le célibat en tant que tel, qui rapportent le vécu le plus négatif.

La solitude non choisie est douloureuse. La solitude choisie est libératrice. Les données montrent que la distinction entre les deux est le facteur déterminant plus que le statut marital lui-même. INED, Enquête Épic 2013-2014

Le Célibat volontaire : un phénomène en croissance

Une donnée qui nuance le récit du “célibat subi” : dans une enquête Ipsos pour Badoo (2022, 1000 célibataires de 18-45 ans), 28% des célibataires disent aimer l’être. Mais la moitié (50%) souhaite malgré tout rencontrer quelqu’un — un désir qui progresse avec l’âge, jusqu’à 58% chez les hommes de 35-45 ans. Le “choix” et le “désir de relation” ne s’excluent pas : on peut assumer son célibat sans avoir renoncé à en sortir.

28%
Des célibataires disent aimer être célibataires
50%
Souhaitent malgré tout rencontrer quelqu’un
46%
Des femmes disent que ne pas être en couple est “un choix”, contre 34% des hommes (Ined, Épic)

Le regard social : une norme qui évolue lentement

Si les mentalités évoluent, le regard social sur le Célibat tardif reste ambivalent. Selon Ipsos pour Badoo, 44% des célibataires français se disent “hors norme” du fait de leur statut, et 67% ont déjà ressenti une pression sociale à sortir du célibat — au point que 37% ont pris une décision sentimentale contraire à leurs valeurs pour ne plus être seuls. Le seuil autour de la mi-trentaine reste un point de bascule dans les représentations collectives.

Ce que les données prescrivent (ou ne prescrivent pas)

Les données ne prescrivent pas de structure relationnelle. Elles documentent des tendances de santé et de bien-être associées à différents statuts et ces tendances montrent que l’isolement social non choisi est néfaste, alors que le Célibat assumé avec un réseau social riche n’est pas présenté comme statistiquement différent du couple en termes de bien-être déclaré.

Sources :

[1] INSEE, « Personnes vivant seules dans leur logement selon l’âge et le sexe », Recensements de la population 2017 et 2023. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381512

[2] INSEE, « Un premier enfant à 29,1 ans en 2023 : un âge qui continue d’augmenter », Insee Focus n°356. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8608134

[3] IFOP-Sociovision, « Le boom des célibataires : l’avenir s’écrit-il en solo ? », janvier 2023 (données 2022). https://www.ifopgroup.com/article/le-boom-des-celibataires-lavenir-secrit-il-en-solo/

[4] Ipsos pour Badoo, enquête réalisée du 7 au 11 février 2022 auprès de 1000 célibataires de 18-45 ans. https://www.ipsos.com/fr-fr/44-des-celibataires-francais-se-sentent-hors-norme-du-fait-de-leur-statut

[5] Ined, M. Bergström et G. Vivier, « Vivre célibataire : des idées reçues aux expériences vécues », Population & Sociétés n°584, décembre 2020 — d’après l’enquête Épic (Ined-Insee, 2013-2014). https://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/vivre-celibataire-des-idees-recues-aux-experiences-vecues/

[6] Inserm, sur la distinction entre isolement social non choisi et célibat assumé. https://www.inserm.fr