Ce que les chiffres officiels du Ministére de l’Intérieur disent

Victimes de violences enregistrées 2024 Ministére de l’Intérieur

Victimes de violences conjugales proportion féminine
74%
Victimes de violences sexuelles proportion féminine
85%
Victimes totales de violences physiques enregistrées
450 000
Part des victimes dans la sphére familiale
54%
376 k
Femmes victimes de violences conjugales en 2023 estimation minimale enquête VRS (SSMSI)
19%
Seulement des victimes de violences conjugales ont porté plainte en 2023
1,3 M
Femmes victimes de harcélement sexuel et/ou exhibition sexuelle en 2023 (SSMSI)
1,3 M
Femmes victimes de harclement sexuel et/ou exhibition sexuelle en 2023 (SSMSI)
7%
Des victimes de viols/agressions sexuelles ont porté plainte en 2023 (SSMSI/VRS)
📚 SSMSI enquête VRS 2024 Ministre de l’Intrieur 2024 Miprof

Pourquoi les femmes ne signalent pas

Les femmes victimes ne signalent pas pour plusieurs raisons mesurées : honte, peur des représailles, dépendance économique vis-à-vis du partenaire violent. Vient aussi le manque de confiance dans l’institution et la crainte de ne pas être crues. Ces freins diffèrent de ceux des hommes victimes — mais produisent le même résultat : une sous-déclaration massive.

Les deux réalits coexistent

Les hommes sont aussi victimes de violences domestiques — les données de l’article miroir sont réelles. Mais les ordres de grandeur diffèrent : les femmes représentent la grande majorité des victimes graves (violences conjugales, violences sexuelles) dans presque tous les pays. Les deux réalités coexistent et méritent des politiques de prévention distinctes.

Documenter les victimes masculines et féminines avec la même rigueur statistique n’est pas une compétition c’est la condition pour des politiques publiques adaptes aux deux réalits.

Le sous-signalement : pourquoi les chiffres officiels sous-estiment la réalité

Les données officielles sur les violences faites aux femmes souffrent d’un biais structurel massif : la majorité des victimes ne déposent pas plainte. L’enquête VIRAGE (Violence et Rapports de Genre) de l’INED, menée auprès de 27 000 personnes en France, estime que seulement 14% des victimes de violences conjugales portent plainte dans l’année où les violences ont lieu.

Les raisons documentées du non-signalement sont multiples :

📊 INED Enquête VIRAGE 2015-2017 · HCEfh 2023 · Ministère de l’Intérieur

Profil des violences : qui, où, comment

Contrairement aux représentations médiatiques, les violences conjugales ne se limitent pas aux féminicides. L’enquête CVFF (Cadre de Vie et Sécurité des Femmes) de l’INSEE et du SSMSI documentée un spectre large :

213 000
Femmes déclarent avoir subi des violences conjugales dans les 12 derniers mois (SSMSI 2023)
79%
Des victimes de violences conjugales physiques ou sexuelles sont des femmes (gendarmerie/police 2022)
118
Féminicides dans le contexte conjugal en France en 2023 (données provisoires)
14%
Seulement des victimes déposent plainte dans l’année (INED VIRAGE)

Les violences psychologiques — humiliations répétées, isolement forcé, contrôle financier — sont les plus fréquentes et les moins visibles. Elles précèdent presque toujours les violences physiques et sont pourtant les moins couvertes par les statistiques officielles.

Les effets sur la santé : au-delà des blessures physiques

L’OMS classe les violences conjugales parmi les principaux facteurs de risque pour la santé des femmes dans les pays à revenu élevé. Les conséquences documentées incluent :

Sources :

[1] SSMSI Enquête Vécu et Ressenti en matiére de Sécurit2024.

[2] Ministére de l’Intérieur Victimes de violences physiques et sexuelles 2024.

[3] Miprof Chiffres de référence sur les violences faites aux femmes 2024.