Un ratio universel : 3 hommes pour 1 femme

Le suicide est l’une des causes de décès les plus genrées au monde. En 2021, le taux mondial de suicide masculin était de 12,3 pour 100 000, soit plus du double du taux féminin (5,9 pour 100 000). Sur chaque tranche de quatre suicides, trois concernent des hommes dans tous les pays du monde, sans exception documentée.

3:1
Ratio hommes/femmes dans les décès par suicide. Universel dans les 38 pays de l’OCDE.
En Lettonie et en Pologne, ce ratio atteint 7:1 en défaveur des hommes. OMS Global Health Estimates 2024

Dans les pays de l’OCDE, ce ratio est encore plus marqué. Le rapport Society at a Glance 2024 de l’OCDE indique que les taux de suicide sont systématiquement plus élevés chez les hommes dans tous les pays membres, sans exception. Méme dans les pays où l’écart est le plus faible (Islande, Japon, Pays-Bas, Norvége, Suéde), les taux masculins restent au minimum deux fois supérieurs.

PaysRatio H/F (suicide)Tendance
Lettonie7:1Parmi les plus élevés OCDE
Pologne7:1Parmi les plus élevés OCDE
Russie~6:1Lié à l’alcool + conditions de vie
états-Unis3,5:1Stable sur 20 ans
France~3:1Légére réduction depuis 2000
Suéde, Islande2:1Minimum observé dans l’OCDE
📊 OCDE Society at a Glance 2024 · OMS Global Health Estimates

Les États-Unis : 49 000 morts en 2023

Aux États-Unis, 49 000 personnes sont mortes par suicide en 2023 soit plus que les 43 795 décès par accident de la route. Le ratio hommes/femmes y dépasse 3,5 pour 1. Le suicide est la 2e cause de décès chez les 25-34 ans.

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Morts par suicide aux USA en 2023 dépasse les accidents de la route
3,5:1
Ratio hommes/femmes aux USA stable sur deux décennies
#2
Cause de décès chez les 25-34 ans aux États-Unis
154K
Décès par suicide dans l’OCDE en 2020 (11 pour 100 000)

Le paradoxe : les femmes tentent davantage, les hommes meurent plus

Un fait contre-intuitif bien documenté : les femmes font des tentatives de suicide plus fréquentes que les hommes. Mais les hommes “réussissent” plus souvent, en raison de méthodes statistiquement plus létales et d’un moindre recours à l’aide professionnelle.

La stigmatisation autour de la santé mentale masculine, la pression sociale “tenir bon” et l’absence d’espace pour exprimer une détresse psychologique sont des facteurs documentés dans la surmortalité masculine par suicide. Ce n’est pas du destin — c’est un comportement appris.

Pourquoi ce silence ?

L’OMS, l’OCDE et les agences de santé publique documentent ce phénomène depuis des décennies. Pourtant, les campagnes de prévention du suicide restent rarement genrées. La sous-utilisation des services de santé mentale chez les hommes est documentée dans tous les pays développés : en France, les hommes consultent un professionnel de santé mentale 4 fois moins souvent que les femmes à détresse comparable.

Sources :

[1] OMS Global Health Estimates 2024. Suicide rates by age and sex.

[2] OCDE Society at a Glance 2024. Men’s and Women’s Health.

[3] Our World in Data Suicide Rates by Country. Max Roser et al.

[4] American Institute for Boys and Men Annual Report 2025.

[5] CDC WISQARS Injury Data 2023. USA suicide mortality.