Le paradoxe du genre : les hommes meurent, les femmes tentent
Les hommes se suicident trois fois plus. Les femmes tentent de se suicider deux fois plus. Ce n’est pas une contradiction c’est le “paradoxe du genre” documentpar l’Observatoire National du Suicide. Les méthodes différent à las hommes utilisent des moyens plus létaux, d’où le taux de décès supérieur. Mais le niveau de souffrance mesurpar les tentatives est massivement féminin.
Sur 77 000 passages recensés soit 2 sur 3. DREES / ONS 6e rapport 2025.
La crise des adolescentes : +46% depuis 2017
En 2023, 516 femmes de 15 19 ans sur 100 000 ontthospitalisées pour gestes auto-infligés quatre fois le taux observé chez les jeunes hommes du même âge (113). Ce chiffre a progressde 46% entre 2017 et 2023. En 2024, le taux des 11-17 ans a encore augmentde 21% par rapport 2023. Le rapport 2025 de la DREES et de l’ONSvoque l’influence de l’exposition aux violences sexuelles, des injonctions de genre à la puberté, et de l’impact des réseaux sociaux sur l’image corporelle.
Les idéations suicidaires : les femmes en téte
En 2021, 5,4% des femmes déclaraient avoir pensse suicider dans les 12 derniers mois, contre 4,0% des hommes (Baromètre SantPublique France). Sur la vie entière, 9,9% des femmes déclarent avoir tentde se suicider au moins une fois, contre 4,4% des hommes soit plus du double.
La souffrance psychologique féminine est massivement sous-médiatisée au profit du chiffre des suicides masculins aboutis tout aussi réel. La question n’est pas de comparer les souffrances. C’est de les mesurer toutes les deux avec la même rigueur.
Sources :
[1] DREES / ONS Sixiéme rapport de l’Observatoire National du Suicide, février 2025.
[2] SantPublique France Baromètre Sant2021.
[3] Infosuicide.orgpidémiologie France, données 2024.
[4] Vie-publique.fr Analyse rapport ONS 2025.