40% des femmes actives : les données Genese

L’enquête Genese, menée par l’Inserm sur plus de 27 000 personnes, produit le chiffre le plus solide disponible : 4 femmes sur 10 déclarent avoirtvictimes de violences sexistes ou sexuelles (VSS) au travail au cours de leur vie professionnelle contre 15% des hommes. Ce n’est pas une enquête militante : c’est de l’épidémiologie institutionnelle publiée par l’Inserm.

40%
Des femmes actives victimes de VSS au travail au cours de leur carrière.
vs 15% des hommes Enquête Genese, Inserm 2021. 27 000+ personnes.
10%
Des femmes déclarent un harcélement sexuel dans les 12 derniers mois (DARES 2019) vs 2% hommes
84%
Des auteurs de VSS sont des personnes de l’entreprise collégues ou supérieurs hiérarchiques
23%
Des victimes ont changde travail suite un comportement sexiste (INRS)
15%
Des femmes renoncent certaines filiéres par peur du harcélement (INRS)
📚 Inserm/Genese 2021 DARES 2016 et 2019 INRS Ekilibre/OpinionWay 2023

Un risque professionnel avec des conséquences mesurées

Les VSS au travail ne sont pas des inconforts mineurs. Leurs conséquences sont documentées :

L’angle mort du débat sur la sécurité au travail

Les accidents mortels masculins font l’objet de statistiques Eurostat annuelles, de plans de prévention, de réglementation spécifique. Les VSS — qui touchent 4 femmes actives sur 10 — n’apparaissent pas dans ces statistiques. Elles ne génèrent pas d’indicateurs comparables à l’échelle européenne. Un risque professionnel majeur, sans tableau de bord officiel.

Si l’on appliquait le même niveau d’attention médiatique et rglementaire aux risques masculins mortels qu’aux risques féminins structurels, le débat sur la sécuritau travail serait radicalement différent.

Définition légale et types de violences sexuelles et sexistes au travail

Les VSS au travail recouvrent un spectre légalement défini :

40%
Des femmes actives déclarent avoir vécu au moins une situation de VSS au travail (Fondation des Femmes 2023)
22%
Déclarent un harcèlement sexuel répété (définition légale stricte)
5%
Des victimes portent plainte — le taux de signalement le plus bas parmi tous les types de violences
73%
Des faits sont commis par un supérieur hiérarchique ou collègue avec plus d’ancienneté (HCEfh)
📊 Fondation des Femmes 2023 · HCEfh Rapport 2022 · Défenseur des Droits 2022

Pourquoi les femmes ne signalent pas : les barrières documentées

Le taux de signalement de 5% — l’un des plus bas parmi tous les crimes et délits — trouve son explication dans des obstacles structurels mesurés :

Le silence des victimes n’est pas un signe que les VSS sont rares ou peu graves. C’est le signe que les obstacles au signalement sont plus importants que les incitations. Changer cette équation nécessite des politiques institutionnelles, pas seulement une invitation à « briser le silence ».

Ce que les entreprises peuvent faire

L’ANACT a identifié quatre pratiques efficaces pour prévenir les VSS :

Sources :

[1] Inserm / Enquête Genese VSS au travail, données 2021.

[2] DARES Enquête Conditions de Travail 2016 et 2019.

[3] INRS Harcélement sexuel et agissements sexistes, données officielles.

[4] Miprof Rapport annuel 2024.