Ce que dit la loi

Les tests achetés en ligne ou commandés depuis l’étranger sont illégaux. Un homme qui envoie un échantillon de salive à un laboratoire étranger pour vérifier si l’enfant qu’il élève est bien le sien est techniquement hors-la-loi en France.

Les justifications officielles

La protection des données génétiques. Les données génétiques révélent des prédispositions médicales, des informations sur toute la famille biologique. Le Conseil d’État (étude bioéthique 2018) a rappelque la banalisation de ces tests pourrait menacer les interdictions sur l’assurance.

La protection du consentement. La loi exige le consentement exprés de toutes les personnes testées. Pour un enfant, le cadre judiciaire garantit que personne n’est testé sans accord.

La protection de la filiation légale. La filiation juridique est protégée par le principe de stabilité de l’état civil. Le système part du principe que la stabilité de la famille légale prime sur la vérité biologique notamment pour protéger l’enfant.

Les arguments contra

L’interdiction est largement inefficace. Environ 2 millions de Français ont déjà effectuun test en contournant la loi. Les amendes n’ont pratiquement jamaistappliquées des particuliers. Une loi que personne ne respecte et que personne ne fait appliquer est une loi sans contenu réel.

La souverainetsur ses propres données génétiques. L’association DNA Pass soulève un argument simple : pourquoi un individu n’a-t-il pas le droit d’accéder sa propre information génétique ? Une position paternaliste qui contraste avec l’ouverture de la plupart des démocraties comparables.

L’asymétrie. Une femme sait toujours avec certitude si un enfant est le sien. Un homme n’a pas cette certitude biologique. Pour obtenir une réponse légalement, il doit engager une procédure judiciaire longue (6-12 mois), coùteuse, et conflictuelle par nature.

La procédure légale : commenta fonctionne

Pour un test légal, il faut saisir un juge aux affaires familiales (JAF) dans le cadre d’une action en filiation soit en recherche de paternité, soit en contestation de paternité. Il n’est pas nécessaire de réunir des preuves préalables.

Le refus de se soumettre au test n’est pas sanctionné pénalement, mais le juge peut l’interpréter comme un indice défavorable. Le test est réalisé dans un laboratoire agré (200-400€ + frais d’avocat). Durée moyenne : 6-12 mois.

Qui ça arrange ?

Le législateur. La France a construit son droit de la filiation sur la présomption et la stabilité. La présomption de paternité : un enfant né dans le mariage est présumé fils du mari est une règle ancienne. Assouplir le cadre de vérification déstabilise des structures juridiques établies.

Dans certaines situations spécifiques. Dans une situation où la vérité biologique est incertaine et où elle ne souhaite pas être levée, l’interdiction constitue une protection de fait. Cela est perçu par certains comme une protection de la paternité sociale, par d’autres comme une protection de l’intérêt de l’enfant maintenir une relation stable.