Le chiffre brut : -21,8% en 2024
En 2024, dans le secteur privfrançais, les femmes gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes en revenu salarial annuel. Source : INSEE Focus né377, fvrier 2026. Ce chiffre est réel et document. Mais ce 21,8% additionne des réalits très différentes.
1er facteur : le temps de travail (21,8% ? 14%)
Plus d’une femme sur quatre travaille temps partiel en France, contre moins de 10% des hommes. Quand on neutralise cet écart et qu’on compare temps pleinquivalent, l’écart passe 14%. La différence entre 22% et 14% représente donc uniquement des différences de dure du travail partiellement choisies, partiellement subies.
2e facteur : la ségrégation professionnelle (14% ? ~7%)
Les femmes et les hommes ne font pas les mêmes métiers. 4,7% des secrétaires sont des hommes. 0,6% des maons qualifis sont des femmes. 3,2% des conducteurs routiers sont des femmes. Ces secteurs masculins BTP, transport, industrie lourde paient souvent plus. Ce n’est pas de la discrimination directe : c’est de la ségrégation professionnelle, née en partie de l’orientation scolaire différencie.
3e facteur : l’écart rsiduel poste identique = 4%
Quand on compare des femmes et des hommes occupant exactement le même poste chez le même employeur, temps identique, l’écart rsiduel est de 4%. C’est le chiffre le plus proche de la discrimination salariale pure. L’INSEE précise lui-même que ce 4% ne peut pas être interprêt(e) directement comme de la discrimination des variables non mesures (anciennet, négociations individuelles) jouent aussi.
Ceux qui citent 22% gonflent la notion de discrimination directe. Ceux qui citent 4% ignorent les inégalités structurelles en amont orientation, temps partiel subi, plafond de verre. Le débat honnête commence quand on dcompose le chiffre au lieu de le brandir.
Comment interpréter les trois chiffres : 22%, 14% et 4%
Les débats sur l’écart salarial tournent en rond parce que partisans et opposants utilisent des chiffres différents sans préciser ce qu’ils mesurent. Voici la décomposition précise :
L’exemple de la maternité : le déclencheur mesurable
Les économistes qui ont le plus avancé la compréhension de l’écart salarial. Notamment Claudia Goldin (Prix Nobel d’Économie 2023) — ont identifié la naissance du premier enfant comme le moment où l’écart s’accélère massivement. En France, l’INSEE a documenté ce phénomène :
- Avant le premier enfant : écart salarial de 6-8% entre hommes et femmes de profil comparable
- 3 ans après le premier enfant : l’écart grimpe à 16-18% — les mères voient leur salaire plafonner ou régresser ; les pères progressent normalement
- 10 ans après : l’écart atteint 22-25% et ne se résorbe pas spontanément
Ce « baby penalty » est l’un des phénomènes les mieux documentés en économie du genre. Il s’explique par la conjonction de plusieurs mécanismes :
- Réduction du temps de travail post-naissance (principalement chez les mères)
- Perte de progression liée aux congés maternité
- Renoncement à certains emplois ou promotions pour raisons de disponibilité
- Discrimination directe à l’embauche et à la promotion pour les femmes en âge de procréer
Le 22% n’est pas entièrement injuste — une partie reflète des différences de secteur et de temps de travail. Le 4% résiduel, lui, ne s’explique pas : c’est de la discrimination pure, documentée à poste identique. Et le reste — les 18% de différence entre les deux — reflète des inégalités structurelles qui méritent d’être traitées en tant que telles, même si elles ne sont pas toutes de la discrimination directe.
Sources :
[1] INSEE Focus né377 écart de salaire femmes-hommes en 2024. Fvrier 2026.
[2] INSEE L’essentiel sur les salaires, données 2024.
[3] Observatoire des inégalités données 2024.